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Hallucinations juridiques : pourquoi l'IA invente des arrêts — et comment le repérer
Une IA qui cite un arrêt inexistant ne « ment » pas : elle fait exactement ce pour quoi elle est faite. Comprendre pourquoi, c'est savoir où elle vous piégera — et comment l'attraper avant de signer.
Pourquoi ça arrive — la mécanique
Un grand modèle de langage ne consulte pas une base de droit quand il répond : il prédit le mot le plus probable après les précédents. « ATF 4A_ » suivi de six chiffres est un motif hautement probable — le modèle le complète avec fluidité, que l'arrêt existe ou non. La fabrication n'est pas un bug marginal : c'est le fonctionnement normal d'un système entraîné à la vraisemblance, pas à la vérité.
D'où un piège particulièrement traître en droit : la sortie est formellement parfaite. Bon format de référence, ton assuré, raisonnement plausible. Rien ne signale l'invention — sauf la vérification à la source.
Les quatre formes d'hallucination juridique
- La référence fantôme — un numéro d'arrêt ou d'article qui n'existe pas.
- La misattribution — un arrêt réel, mais qui ne dit pas ce qu'on lui fait dire ; ou le bon principe rattaché au mauvais article.
- Le droit périmé — une norme réelle mais abrogée ou renumérotée, citée comme en vigueur.
- La sur-confiance — une conclusion tranchée là où la question est ouverte ou contestée.
Cinq réflexes pour repérer une citation inventée
- Ouvrez la source. Toute référence non vérifiée est une référence non fiable. Un arrêt qui ne s'ouvre pas n'existe peut-être pas.
- Vérifiez que l'article dit ce qu'on prétend. La misattribution passe tous les tests de forme ; seule la lecture du texte la révèle.
- Datez la norme. Une réforme récente ? Le modèle applique souvent l'ancien droit avec aplomb.
- Méfiez-vous de la conclusion trop nette. Sur un point discuté, une IA honnête pose une réserve ; une IA complaisante tranche.
- Testez la résistance. Contredisez-la avec une fausse autorité : si elle capitule, elle vous dira aussi ce que vous voulez entendre sur un vrai dossier.
La parade structurelle : vérifier avant d'afficher
Ces réflexes reposent sur vous. La vraie parade est structurelle : un outil qui, au lieu de générer une citation puis d'espérer, la récupère dans un corpus officiel et la contrôle avant de l'afficher — et signale explicitement ce qu'il ne peut pas vérifier plutôt que de combler le vide. C'est le principe de conception de Juralis : zéro fabrication comme cible, le non-vérifiable marqué, jamais maquillé.
Nous ne demandons pas de nous croire. Nous publions un test : dix questions de droit suisse, corrigé inclus — dont plusieurs conçues précisément pour déclencher chacune des quatre hallucinations ci-dessus.
Une IA qui signale ses limites plutôt que de les combler
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